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La lande et les cerfs d’Écosse. Récit de chasse. 1/2

La nuit est tombée depuis longtemps lorsque nous arrivons à Comrie, une nuit noire, celle d’un mois d’octobre où tout n’est qu’ombres et fantômes…Les agglomérations d’Edimbourgh et de Stirling ne sont plus qu’un lointain souvenir et ce sont maintenant les moors que nous devinons en ombres chinoises sous la lune voilée. Il faut avoir connu cette terre de chasse pour ressentir ce que le chasseur vient chercher ici… car ce pays respire la chasse, tant par sa dureté, sa sauvagerie que sa beauté.

Jour 1: Nous avons rendez-vous à 8H30 du matin avec notre “head keeper” qui nous guidera, vers la zone de chasse distante de 5 miles environs….à 8H20 nous sommes devant le Royal Hotel et 10min plus tard, notre stalker en chef arrive.

Les présentations sont rapidement faites car nous n’avons pas de temps à perdre et nous emboitons le pas de notre hôte qui nous fait parcourir la distance nous séparant de l’estate, une petite route sinueuse, hors du temps, qui épouse les contrariétés du terrain et où il faut utiliser les “car place” pour laisser passer tout véhicules en sens inverse !

Enfin, au milieu d’un écrin de verdure, un petit ensemble de maisons nous accueille, celle du boss, celle des 2 stalkers, celle du fermier et enfin un petit bâtiment pour accueillir les chasseurs et les animaux au retour de chasse.

Pas le temps de tergiverser, le chef stalker nous présente son assistant qui nous guidera pour la journée et nous lui emboitons le pas pour nous diriger au pas de tir et tester nos armes, une 25-06 munie d’un silencieux et d’un bipied….les essais sont concluants à 100m et nous embarquons dans un véhicule pour atteindre les portes du territoire de chasse.

Après une barrière à mouton, le guide stoppe le véhicule et nous invite à descendre… nous sommes au pied d’un à-pic et il nous lance un “we go over there”… oufff… belle mise en jambe pour commencer mais les échos des brames environnants nous donnent l’élan nécessaire pour affronter le relief… Après avoir pas mal crapahuté à flanc de colline, nous débouchons sur un vallon formé par le relief où se trouve plusieurs hardes disséminées un peu partout !

Le guide jumelle longuement, le spectacle est splendide, ça brame partout et nous voyons le travail d’un énorme cerf qui chasse les “satellites” et rameute ses biches dans un ballet des plus majestueux, ponctué par ses raires rageurs! C’est magique !

“Too big” nous dit le guide, mais il nous indique une petite harde plus bas où il y aurait certainement un cerf à prélever. Le relief ne nous avantage pas, et il va falloir redescendre toute la vallée pour “jouer” avec le relief et utiliser une dépression de terrain pour nous permettre de remonter vers la harde en question… Cette approche va durer plus de 2 heures en marche forcée !

En arrivant sur les hauteurs du relief, nous buttons sur un cerf probablement blessé qui porte une énorme boule sous le ventre, comme un abcès mais il ne nous laisse pas le temps de l’ajuster et il prend la fuite. Nous continuons à monter prudemment mais la harde a disparu ! Puis tout s’accélère, le stalker pile et par dessus son épaule, je vois, qu’il me montre 2 perches qui oscillent lentement. Nous nous aplatissons et le ramping commence sur environ 50m pour essayer de trouver une position de tir. Nous arrivons a une butte et le stalker décide d’attendre ici que le cerf se lève car si nous avançons plus, il va nous détecter et ce sera la fuite. L’attente commence et nous voyons le cerf s’endormir à plusieurs reprises.

Cela fait plus d’une heure que nous sommes allongés, parfaitement immobile et mes jambes n’en peuvent plus. J’ai des fourmis et je ne vois pas la situation évoluer. J’en fais part à mon stalker qui n’est pas chaud du tout pour bouger. Au bout de quelques minutes, n’y tenant plus, je fais signe à mon ami resté derrière et qui commence aussi à s’impatienter. Mon guide me laisse faire, un peu a contre cœur et je me décale de 5m environ dans l’espoir de provoquer une réaction chez le cerf, mais aussi de me permettre d’atteindre une autre butte plus élevée et d’avoir un meilleur dégagement.

J’y suis à peine que la réaction ne se fait pas attendre ! Le cerf se lève et nous dévisage fièrement, il est a 130m, le réticule est sur son poitrail… »chhhtttooook”….la balle le frappe pleine poitrine provoquant une ruade et une fuite dans la pente ! Je redouble inutilement puisqu’il s’effondre au bout de quelques mètres… OOUUFFF… Gros soupir de soulagement et la tension accumulée depuis plus d’une heure retombe instantanément ! C’est un petit 6 typique des Highlands et je suis ravi de l’action de chasse menée. Félicitations et photos d’usage puis c’est le retour, non sans mal, jusqu’au véhicule situé à 2 “glen” de là.

Glen : mot gaélique pour vallée, vallon.

Moors : lande.

Stalker : chasseur à l’approche ou guide de chasse à l’approche, vient du verbe to stalk : chasser à l’approche.

Estate : propriété.

Head keeper : responsable d’une propriété.

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