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Le chantier concernant le petit gibier commence à se démocratiser sur le territoire français

Petite faune de plaine, l’heure du rétablissement

Le rôle des êtres humains dans la gestion de la nature est devenu essentiel, si nous souhaitons éviter le déséquilibre des populations de faune sauvage.

Depuis quelques décennies, les plaines agricoles françaises voient leur petite faune (perdrix, alouette des champs, lièvre etc…) diminuer de façon dramatique et inquiétante. Ce phénomène est principalement dû à l’intensification des cultures, aux remembrements des terres agricoles et à l’urbanisation. Afin d’encourager la mise en œuvre d’actions volontaires, favorables à l’environnement, les Fédérations de Chasse Départementale ont lancé des programmes concernant la préservation du petit gibier. Ces programmes, selon les politiques et attentes locales, permettent la mise en place d’aménagements en bords et au sein des cultures, favorisant ainsi l’augmentation de la capacité d’accueil des plaines. C’est-à-dire, la capacité d’un territoire (et de ses habitats) à accueillir une certaine densité d’individus pour chaque espèce. Ces aménagements se composent de haies, de bandes enherbées et de bandes jachère, fournissent des zones refuges et des ressources alimentaires supplémentaires/complémentaire afin de générer le rétablissement du petit gibier ce qui en découle positivement sur l’ensemble des espèces inféodées au milieu. Des programmes de repopulation à partir d’individus issus de souches sauvages se mettent de plus en plus en place, notamment pour les espèces faisans et perdrix. Dans plusieurs départements, ces aménagements, actions ont démontré un impact positif sur la faune des plaines et plus particulièrement, sur l’avifaune.

Quelques projets

Un couvert pour l’hiver

La culture intermédiaire c’est la solution multifonction, lutte contre la pollution de l’eau par les nitrates, protection des sols contre l’érosion, engrais verts, zone de refuge pour la faune en plein hiver, tout le monde y gagne.

Les couverts d’interculture présentent un réel intérêt pour la faune sauvage. Dans les zones de grande culture, après la moisson, ils constituent souvent l’unique couvert susceptible d’abriter la faune contre les intempéries et les prédateurs (notamment les prédateurs ailés).

Les critères à suivre pour évaluer un couvert d’un point de vue faunistique sont :

  • Le taux de couverture du mélange par strate, basse, intermédiaire, et haute
  • La pénétrabilité du couvert : on estime si les déplacements sont aisés pour la faune
  • Les plantes à compter dans la valeur alimentaire : les légumineuses et les graminées, ainsi que le sarrasin; les jeunes pousses de crucifères
  • La nourriture animale : on note la présence d’insectes, notamment la présence de carabes ou autres*

Un choix important de type de couverts, une grande marge de manœuvre au niveau des dates d’implantation et une facilité de destruction sont les principaux points positifs à retenir.

Plantation de haies

Ce n’est plus à prouver, les chasseurs contribuent à la plantation de plusieurs Kilomètres de haies chaque année. Soulignons que celle-ci est dans un premier temps un refuge contre les intempéries et la prédation exercée par les rapaces. La haie offre au petit gibier une table bien garnie toute l’année, susceptible de répondre à ses besoins alimentaires à chaque étape de son développement. Ajoutons à cela que la haie constitue un site de reproduction pour bon nombre d’espèces, un réservoir de biodiversité et le moyen d’augmenter très sensiblement la capacité d’accueil d’un territoire de chasse de plaine pour le petit gibier. Dès lors on comprend mieux l’intérêt majeur que représente la haie dans la panoplie des aménagements cynégétiques.

Oiseaux de souches sauvages

Face à la diminution des populations de la perdrix grise, du faisans, cela depuis une trentaine d’années dans les campagnes de Côte-d’Or, la FDC21 lançait en 2016, son projet de repeuplement de ces espèces à partir d’oiseaux issus de souches sauvages.
Ce projet de repeuplement testé sur au moins trois ans, a pour but de relancer et renforcer la dynamique du petit gibier sur les territoires. Travailler avec des animaux issus de souches sauvages offrira, leur offrira, dans le temps, une meilleure adaptation sur le territoire, une meilleure protection face aux prédateurs. Le programme mis en place dans cette FDC se calque sur celui de la Fédération du Pas-de-Calais, consistant à récupérer des oiseaux de souche sauvage et à les faire reproduire pour obtenir un nombre suffisant d’oiseaux à lâcher sur les territoires.

Il faut toujours garder en tête que chasser sur territoire diversifié où l’on retrouve, perdreaux, lièvres et faisans, autrement dit « joindre l’utile (agronomiquement )à l’agréable (faunistiquement) », reste un objectif majeur pour tout bon gestionnaire de territoire de plaine.

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