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Sologne et clôtures. Un combat gâché par les idéologues.

Un article récent de Reporterre a attiré notre attention. Cet article traite de l’engrillagement en Sologne.

Nous allons le décrypter ensemble mais je voudrais commencer par dire en préambule que ces grillages sont une plaie et une balafre sur notre belle Sologne. Ils empêchent les continuités écologiques, interdisent la libre circulation de la grande faune et sont souvent une insulte à l’éthique cynégétique. Le gibier est res nullius en droit français sauf s’il s’agit d’élevage. Il faut donc trouver un moyen de rendre à la Sologne son aspect originel de grande forêt ouverte. Ouverte, à la faune, oui mais pas à tous les dérives souhaitées par certains.

Il est aussi nécessaire de préciser que la Sologne fait une surface d’environ 500 000 hectares dont 90% sont privés et qu’il n’est pas question de limiter le droit de propriété et les prérogatives qui en découlent. 

La situation actuelle en matière de clôtures.

Ils ne sont pas interdits mais limités dans leurs caractéristiques. En décembre 2019, la région a voté un amendement au SRADDET (schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires), soumettant les grillages à certaines conditions, dont une hauteur de 1,20 m. maximum. Mais ceci n’est applicable que si les communes l’adoptent dans leur PLU.

Certains propriétaires qui ont installé des clôtures se défendent en disant vouloir se protéger d’intrusions, d’incivilités et de dégradations qui peuvent, en effet exister. De surcroit, le climat délétère entretenu par certains pourrait convaincre beaucoup d’autres propriétaires à faire de même. Alors que penser de cet article qui, en prétendant lutter contre les grillages, donne la parole à des gens dont les propos vont faire grimper les commandes de clôtures ?

Qu’est-ce que Reporterre ?

C’est un média internet qui traite d’écologie et d’enjeux sociaux et sociétaux et qui s’est longuement intéressé aux ZAD, vous savez ces rassemblements de gentils jeunes gens qui s’opposent au « saccage de la nature » mais laissent des champs de ruine derrière eux… Reporterre est dirigé par Hervé Kempf et compte Fabrice Nicolini comme « journaliste ». Kempf est un ancien du Monde, il participe à des émissions de France Inter avec Mathieu Vidard. Il est l’auteur des livres suivants :

  • Comment les riches détruisent la planète.
  • Pour sauver la planète, sortez du capitalisme.
  • L’oligarchie ça suffit, vive la démocratie.

La ligne idéologique est claire, elle explique sans doute son amour soudain des grands espaces libres car ils lui donnent l’occasion de mener sa lutte des classes dans le plus pur style de l’agit-prop marxiste des années 70.

Quant à Fabrice Nicolino, le monde agricole le connait un peu ; il est le grand pourfendeur du modèle d’agriculture et d’élevage français actuel auquel il oppose une vision qui nous ferait faire un bond d’un siècle en arrière.

Que dit l’article ?

Après une courte analyse factuelle plutôt correcte de la situation, le média ne peut s’empêcher de laisser libre cours à son penchant idéologique et donne la parole à certaines personnes dont les déclarations sont dans la droite ligne du média. Jugez-en plutôt :

« Dans la forêt de Sologne, dans le Centre-Val de Loire, le nombre de clôtures a explosé et empêche animaux — et promeneurs — de circuler librement. »

Et promeneurs ? Mais depuis quand les promeneurs peuvent-ils circuler librement dans une propriété privée ? Je serais curieux de voir la tête de ce monsieur Kempf si je débarquais dans son salon au titre du « droit à me promener librement »… Voici typiquement le genre de déclaration qui va inciter certains à grillager.

« Les propriétaires de bois se barricadent pour s’adonner librement à des pratiques cynégétiques intolérables », déclare un député du Cher, François Cormier-Bouligeon (LREM, ancien PS).

Quelles pratiques intolérables, cher monsieur ? La chasse en France est régie par des lois et des règlements et si ces mesures sont transgressées, les contrevenants prennent le risque de condamnations lourdes. Pour le reste, ne confondez pas éthique de chasse et loi. Restez-en à l’oenologie monsieur le député, vous devez sans doute mieux maîtriser…

Autre exemple de déclarations contenues dans l’article : Charles Fournier, candidat aux prochaines élections régionales sous les couleurs d’Europe Écologie-Les Verts déclare : « Le fond du problème n’est pas la circulation des animaux mais la privatisation et la mauvaise gestion de ce poumon vert auquel tout le monde devrait avoir un accès égal. »

Là au moins les choses sont claires ! Merci d’avouer à voix haute ce que beaucoup savent déjà, les écologistes se fichent des animaux, ce qui compte c’est la lutte des classes ! La faune et la nature ne sont que le cache sexe de l’idéologie marxiste qui est l’ADN de l’écologie politique aujourd’hui en France. Mon cher Charles, le surnom de pastèque vous va comme un gant !

Autre extrait de l’article : « Dans les « enclos de chasse », dont l’installation lourde et coûteuse est réservée aux plus aisés, les propriétaires peuvent organiser, toute l’année durant, des parties de chasse au succès presque garanti. »

Apparemment si les grillages n’étaient pas réservés aux « plus aisés », ils seraient plus supportables. De surcroit, il me semble utile d’aider Reporterre à faire la différence entre enclos et parc de chasse. Dans un parc, la chasse est soumise aux règles générales (dates d’ouverture et de fermeture, plan de chasse….) ; ce n’est que dans les enclos au sens légal du terme que l’on peut chasser toute l’année. Les caractéristiques d’un enclos sont très précises et définies par l’article L 424-3 du code de l’environnement. Peu de propriétés grillagées en Sologne sont considérées comme des enclos. Donc, encore une fois, les bonnes vieilles méthodes des gauchistes sont muses en oeuvre, mensonge, manipulation, distorsion des faits. Ceci est d’autant plus facile que les lecteurs sont totalement incompétents en la matière et qu’il est donc aisé de leur faire gober n’importe quoi. Comme je suis atterré de tant d’ignorance, je joins en bas de page le lien de la fiche de notre regretté ONCFS à ce propos. 

Le cas de l’association « Les amis de chemins de Sologne ».

Cette association, créée en 1998 par Raymond Louis, lutte contre l’engrillagement de la Sologne sans doute de bonne foi et avec des motifs honnêtes. Mais il lui arrive d’être dépassée par certains de ses membres qui profitent de ce combat plutôt sympathique pour assouvir leurs fantasmes de révolutionnaires en chambre. J’en veux pour preuve ce commentaire reçu sur Facebook et émanant d’un membre de l’association. Je le recopie tel quel « Oui, ben jusqu’à preuve du contraire c’est bien parce qu’elle est privée que la nature s’engrillage. Si elle était public ce problème n’existerait pas… » Et en avant vers la nationalisation des terres, la confiscation des propriétés, la dékoulakisation, la déportation des opposants, bref tout ce qui fait le charme si désuet des démocraties populaires… Voici quelqu’un qui est contre les grillages mais pas tous. Ceux des camps de travail lui sont sans doute mois insupportables.

Une telle association devrait s’attirer les sympathies de tous les groupuscules que je ne citerai pas. Et bien non ! Raymond Louis et quelques uns des membres ont le tort d’être chasseurs, ce qui les disqualifie aux yeux des verts et de l’inénarrable Madline Rubin de l’ASPAS qui a déclaré ne pas vouloir travailler avec cette association tant qu’elle sera dirigée par des chasseurs. Quelle ouverture d’esprit, quelle tolérance ! Les khmers verts tels qu’en eux-mêmes…

1. Article de Reporterre https://m.reporterre.net/En-Sologne-pour-la-chasse-des-kilometres-de-grillages-etouffent-la-foret?__twitter_impression=true

2. Fiche ONCFS parc/enclos http://www.oncfs.gouv.fr/Fiches-juridiques-chasse-ru377/La-chasse-en-enclos-ar1109#:~:text=La%20d%C3%A9finition%20de%20l'enclos,un%20endroit%20public(2).

 

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