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Les grands dossiers de la chasse en France.

Jeudi soir, lors de l’Emission Chasse de Naturapass – J’aime la chasse, nous avons eu le plaisir d’accueillir Nicolas RIVET, directeur de la Fédération Nationale des Chasseurs.

 

Lors de cette émission, riche en informations, Nicolas RIVET a pu répondre aux questions qui lui ont été posées concernant les grands dossiers de la chasse en France.

Denis Plat : Pouvez vous nous dire un petit mot sur la saison à venir et notamment l’ouverture de la chasse à l’approche ouvrant le 1er Juin ?

Nicolas RIVET : Depuis le début du confinement nous avons travaillé afin que l’ouverture de la chasse se fasse dans les conditions habituelles à partir du 1er Juin. Il a fallu travailler et se battre pendant deux mois puisqu’il a fallu pas moins d’un article dans la loi d’urgence sanitaire, article rétroactif qui transfère un certain nombre de compétences des assemblées générales au conseil d’administration, 2 décrets et 1 arrêté paru la semaine dernière, donc grâce à ces parutions l’ouverture va pouvoir se faire au 1er Juin. Le timing était très serré, il fallait que le 25 mai les préfets signent les arrêtés d’ouverture, si il y a eu un décalage de quelques jours, derrière forcement l’ouverture sera décalée de quelques jours aussi. Mais dans la majeure partie des cas, l’ouverture sera effective à partir du 1er Juin.

DP. : et pour l’ouverture générale en septembre ?

N.R. : C’est une question compliquée, personne n’a de boule de cristal et on sait pas comment ça va se passer. Quoiqu’il en soit le premier ministre a stipulé que la situation sanitaire était bonne, les choses vont se mettre en place. En tout cas, nous à la FNC avec le président SCHRAEN nous avons travaillé pour que la chasse puisse ouvrir de façon nominale le 1er Juin.  Ça a été compliqué. Dès le 2 juin les chasseurs pourront prendre leur titre annuel de validation, le guichet unique sera ouvert à partir de cette date. Dans les FDC les bons de commande ont été envoyés. Après cela, il est normal qu’il y ait une inquiétude, elle est en train de se dissiper puisque la barrière des 100km est levée donc les choses reviennent petit à petit à la normale. Nous avons mis en place un groupe de travail pour réfléchir à des mesures organisationnelles, c’est à dire comment faire pour organiser une chasse avec ces mesures de distanciation. Je crois qu’il faut faire preuve de bon sens, il faut appliquer les gestes barrières qui sont recommandés et les choses vont pouvoir se mettre en place. Après ça nous sommes un loisir de plein air, je constate qu’il y a d’autres loisirs de plein air ou les choses se déroulent très bien.  Je ne vois pas pourquoi il y aurait des difficultés pour les chasseurs à pratiquer leur passion.

Le permis de chasser

DP. : Nicolas RIVET, est ce qu’il y a des mesures pour rattraper le retard concernant l’examen du permis de chasser ?

N.R. : Oui, tout à fait. Depuis quelques semaines nous discutons avec l’Office Français de la Biodiversité de façon à trouver des solutions pour absorber le flux supplémentaire des candidats qui, forcément, n’ont pas pu passer leur examen durant le confinement. On l’a identifié, cela fait une somme assez conséquente de candidats au permis de chasser, donc il y aura des mesures organisationnelles qui devraient être mises en place et par les fédérations départementales et par l’OFB, de façon à pouvoir répondre à la demande. Nous avons discuté avec Emmanuelle WARGON, secrétaire d’État auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire afin qu’il n’y ait pas de retard. On sera très attentif dans les semaines à venir. On a convenu de mettre en place un comité de pilotage avec le ministère et  l’OFB de façon à ajuster le dispositif en fonction des difficultés qui pourraient arriver. Il a quand même fallu adapter l’examen du permis de chasser avec les mesures de distanciation sanitaires.

DP. : La chasse accompagnée pourra-t-elle se dérouler normalement ?

N.R. : Oui, il n’y aura aucune difficulté par rapport à ça, c’est nominal. Le tuteur devra assister à la formation du jeune à accompagner. Du moment que le jeune fait sa formation, le tuteur est avec lui afin d’avoir le bon positionnement pendant l’acte de chasse et qu’il puisse réagir en fonction de la situation afin que l’apprenti chasseur ne soit pas mis en difficulté.

Les poursuites judiciaires

DP. : Monsieur Rivet, des suites judiciaires sont-elles envisagées suite à ce qui s’est passé ?

N.R. : Oui, bien évidemment, nous sommes très actifs aujourd’hui, il y a des suites judiciaires qui sont en cours, un certain nombre d’actions, de contentieux qui sont lancés, il y a déjà des plaintes qui ont été déposées il y en a d’autres qui sont à venir. Il est évident qu’on ne peut pas laisser faire ce qui s’est fait.

Les dégâts

DP. : Il serait temps d’aborder un gros dossier, je voudrais que l’on parle de l’indemnisation des dégâts causés par le grand gibier, quelles sont les pistes envisagées par la FNC pour sortir de cette situation ? Est-il possible de nous éclairer ?

N.R. : C’est le sujet qui a été le point d’orgue à la fois à l’assemblée générale d’octobre et du congrès de Saint-Malo, je rappelle quelques chiffres, une multiplication par 20 des tableaux de sangliers et un peu plus de 10 pour les cervidés. ce qui conduit à des indemnisations d’environ 80 millions d’euros par an, mais la situation est paradoxale car il y a 15% des départements qui concentrent plus de 50% des dégâts. Il faut rappeler que la situation n’est pas propre à la France, dans les courbes des pays européens on est dans les mêmes augmentations, les dégâts explosent dans le monde comme par exemple le montre une étude menée au États-Unis. C’est un problème européen, mondial, qui dépasse notre pays. Les premières mesures mises en place dans la loi de juillet 2019, c’est la contribution territoriale qui a été instaurée, afin de responsabiliser les territoires par rapport à ces points noirs. Nous voyons bien une augmentation significative des dégâts en France avec notamment des FDC qui sont au bord du dépôt de bilan. Nous sommes dans une situation aujourd’hui qui n’est plus tenable. Lors de cette AG après des discussions avec les différents acteurs présents nous avons souhaité faire passer un message qui est qu’aujourd’hui il faut absolument partager avec l’État ce fardeau. Et donc, un certain nombre de discussions ont été lancées, malheureusement certaines ont été bloquées du fait de cette situation liée au Covid. Mais c’est évident que ces discussions vont repartir, donc on a la semaine prochaine un Conseil d’administration de la FNC qui devra se prononcer pour savoir effectivement si on lance des actions plus poussées par rapport à ça. De façon à avancer sur cette question et trouver des solutions car la situation n’est pas tenable aujourd’hui.

DP. : Aujourd’hui nous payons donc nous avons quelques droits, est-ce-que cette situation ne pourrait pas perdurer en essayent d’abonder le budget des FDC par l’État par exemple ?

N.R. : La question a été posé lors de l’assemblée générale. Il était évident que l’une des questions c’était de savoir si on voulait continuer à maitriser les populations et à s’occuper des prélèvements. Je vous rappelle, dans la loi du 24 juillet dernier on a transféré la responsabilité des plan de chasse aux FDC. On a aussi une responsabilité par rapport à ça et ce serait paradoxal de la perdre par rapport à l’indemnisation des dégâts. Il est évident, ce que souhaitait les présidents de FDC c’est de garder la maîtrise. Il y a donc un certain nombre d’outils sur lesquels nous réfléchissons, pour augmenter les prélèvements mais qui doivent rester dans la main des présidents de FDC. Sur le plan financier, quant on regarde l’indemnisation d’environ 80 millions d’€ cette année, vous avez une quinzaine, une vingtaine de millions qui sont des frais administratifs, liés à la gestion de ces dégâts avec notamment les frais d’estimation. Donc l’idée serait d’aller chercher des financements de ce côté là pour justement baisser la facture. Continuer à payer les dégâts certes, mais j’ai parlé tout à l’heure de partage du fardeau, parce que derrière c’est la maitrise des enjeux.

DP. : Quand, à votre avis, quand aurons-nous des décisions en la matière ?

N.R. : Nous avons un CA la semaine prochaine qui va décider d’un certain nombre d’actions. Et ensuite c’est la reprise des négociations, donc le temps de la discussion est toujours long lorsque l’on discute avec l’État. Il faut un certain nombre de rendez-vous de réunions. Il est difficile de donner une échéance. Ce qui est clair, c’est qu’il faut du temps pour discuter.  A coté de ça nous avons les FDC qui sont aux abois notamment la FDC des Landes qui a décidé de ne plus payer ou en tout cas l’année prochaine ne paiera plus. Il y a un paradoxe entre le temps court des FDC et le temps long de la négociation. 

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