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Les derniers armuriers de Saint-Étienne

Depuis le XV° siècle et la décision de François 1er d’envoyer ses ingénieurs organiser la production d’armes à feu dans cette ville,  Saint-Étienne est LA ville française de l’armurerie. On a compté jusqu’à 250 fabricants locaux en 1950 ! On y trouvait toutes les matières premières nécessaires à la fabrication des armes : bois, charbon de bois, fer, acier et houille. La ville a même été débaptisée au début de la révolution française pour être appelée Armeville !

Saint-Étienne est marquée par cette histoire industrielle et nombreux sont les témoignages de ce passé, anciens ateliers, noms de rues… Le témoin le plus probant se trouve dans la rue Henri Barbusse. Au n°21, au dessus de la porte, une belle sculpture en relief d’un armurier au travail signée Joseph Lamberton marque l’emplacement des anciens ateliers Zavaterro, fondés en 1880 et qui fermèrent leurs portes dans les années 1960.

Les grands noms de l’armurerie française ont tous ou presque mis la clé sous la porte les uns après les autres. Même la fameuse manufacture d’armes de Saint-Étienne dont les catalogues faisaient rêver tous les enfants amoureux de la nature a fermé en 2001.

Il ne reste aujourd’hui qu’une fabrique de taille à Saint-Étienne même, la maison Verney-Carron qui fête cette année ses 200 ans. Guillaume et Jean Verney-Carron ont, non seulement fait survivre la marque mais ils l’ont développée, modernisée et maintiennent un très haut niveau de qualité pour les armes de chasse produites dans leurs ateliers. Ils cherchent aussi à s’implanter dans le domaine des armes de petit calibre à usage militaire avec la production d’un fusil destinés aux tireurs d’élite. Il faut regretter à ce propos que l’armée française soit aujourd’hui équipée de fusils d’assaut de marque allemande. Qu’en est-il de ce fameux patriotisme économique et ce cette non moins fameuse souveraineté que nos autorités politiques ont tant vanté au début de la crise liée au COVID ?

On y trouve aussi la fameuse maison Darne qui perpétue le système à culasse reculante à clé, exclusif aux fusils et carabines à canons juxtaposés Darne et un peu plus loin, à Saint-Bonnet le Château, la maison Chapuis récemment rachetée par Beretta.

Saint-Étienne abrite également des ateliers plus petits, spécialisés dans les armes de luxe comme celui de Richard Lévy. Ce stéphanois d’adoption réalise au compte-gouttes les fameux fusils de chasse à platines Granger. Ces fusils ne sont pas aussi connus que ceux de Purdey ou de Holland et Holland mais la qualité est la même et le client devra s’armer de patience car il lui faudra attendre 2 ou 3 ans tellement le carnet de commande est plein. Il faut dire que la fabrication d’un tel fusil nécessite environ 800 heures de travail ! L’atelier ne produit en moyenne guère plus de 3 fusils neufs par an. Leur prix oscille entre 45.000 et 60.000 euros. L’atelier propose aussi la restauration d’armes de chasse très haut de gamme.

C’est aussi à Saint-Étienne que se trouve le seul lycée des métiers de l’armurerie, le lycée Benoit Fourneyron. Il forme ses élèves au CAP, au Bac professionnel armurier et au brevet des métiers d’art. Ces jeunes n’ont ensuite aucun problème pour trouver un emploi puisqu’il y a 10 offres pour 1 armurier formé.

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