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L’échinococcose est une zoonose affectant les humains et est une maladie parasitaire gravissime pour l’Homme.

L’échinococcose alvéolaire, une maladie parasitaire gravissime pour l’homme

L’agent pathogène responsable de l’échinococcose alvéolaire est la larve d’un ver de la famille des Taeniidae (ver plat) : Echinococcus multilocularis.

L’échinococcose est une infestation par des Taeniidés (vers plats) du genre Echinococcus, un minuscule ténia d’à peine quelques millimètres de long. Cinq espèces d’Echinococcus ont été identifiées, qui infestent un large éventail d’animaux domestiques et sauvages.

L’Echinococcus multilocularis possède un hôte définitif, le renard mais aussi d’autres carnivores comme le chien et plus rarement le chat pouvant véhiculer cette maladie parasitaire.

Échinocoque et dispersion

Comme pour tous les taeniidés, le cycle du parasite fait intervenir trois compartiments : les hôtes définitifs étant les carnivores (principalement le renard), les hôtes intermédiaires étant les rongeurs et l’environnement. Il s’agit là des principaux réservoirs du ver adulte de l’échinocoque.

Le cycle de développement est sauvage :

  • Le ver à son stade adulte est localisé dans les intestins des hôtes définitifs (principalement le renard) où il libère des œufs. Ces œufs sont par la suite, évacués dans l’environnement par les déjections.
  • Les hôtes intermédiaires (Micro-mammifères : campagnols, etc.) ingèrent accidentellement les œufs de parasites en consommant des végétaux souillés par des excréments infestés.
  • Les œufs ingérés donnent naissance à une larve d’échinococoque (métacestode) qui se développe au niveau foie ou des poumons des hôtes intermédiaires.
  • Par la prédation des rongeurs par carnivores (renard, chiens ou chats) ingèrent des protoscolex, clôturant le cycle du parasite dans l’intestin.
  • Les chiens et les chats peuvent être contaminés, mais ne jouent qu’un rôle mineur dans le cycle épidémiologique du parasite.

Il est vraiment important de relater que les œufs d’échinocoques sont très résistants. À basse température et fort taux d’humidité, ils peuvent survivre et rester infestant plus d’un an dans l’environnement.
Le lavage même intensif ne peut pas garantir l’élimination totale des œufs du parasite déposés en surface.
Seule une cuisson supérieure à 60 °C des fruits et légumes permet d’éliminer le risque de contamination et demeure l’unique mode d’élimination domestique du parasite. La congélation domestique ne permet pas une inactivation des œufs du parasite.

Comment se transmet la maladie ?

Elle se transmet principalement dans le cadre d’une relation prédateur/proie. Par exemple entre renards et petits mammifères, notamment les campagnols.
Le chien, voire le chat, pourra se contaminer en ingérant des rongeurs infestés, mais aussi en se roulant dans des excréments de renards ou d’un autre hôte définitif. Il se contaminera aussi en passant dans le terrier d’un renard infecté. Il sera alors porteur sur son pelage des œufs. En léchant ses poils, il disséminera aussi les œufs dans sa gueule.

L’homme, lui, se contaminera exclusivement par voie orale. Il ingère accidentellement des œufs du parasite présents sur des végétaux (légumes, champignons, baies sauvages) ou en portant à la bouche des mains contaminées par les œufs présents sur le pelage d’animaux porteurs (chiens, chats). Pour l’Homme, seuls les œufs sont infestant; il ne peut pas y avoir de contamination interhumaine.
L’homme est considéré comme un hôte intermédiaire « accidentel ». Dans le cycle, il prend la place du rongeur tout comme d’autres espèces de mammifères.
Le parasite se développera en se fixant dans le foie et en y poussant comme une «tumeur» ayant un aspect de «nid d’abeille» (d’où son nom d’échinococcose alvéolaire).

La maladie

  • Pour l’animal : La maladie est asymptomatique chez le renard.
    Le chien contaminé peut présenter quelques symptômes classiques d’une colonisation par des vers digestifs (diarrhée, signe du traîneau, coprophagie).
  • Pour l’Homme : La réponse immunitaire est variable et la contamination n’entraîne que rarement une maladie. Cependant, la maladie reste asymptomatique durant une période allant jusqu’à 10 à 15 ans.
    Les symptômes révélateurs peuvent être une augmentation du volume du foie, parfois considérable, des douleurs abdominales ou une jaunisse. Actuellement, deux tiers des cas sont diagnostiqués de manière fortuite, à l’occasion d’examens d’imagerie (échographie, scanner, IRM) réalisés pour d’autres motifs de soins.

Recommandations générales

  • Éviter de cueillir les fruits proches du sol, et donc susceptibles d’être souillés par des déjections animales ;
  • limiter le risque de contamination des légumes dans  le  potager (grillage par exemple) ;
  • Se laver les mains avant de préparer un repas ainsi qu’après avoir été en contact avec des animaux ou de la terre (jardinage) ;
  • Laver soigneusement les fruits et légumes avec de l’eau potable avant de les consommer ;
  • Administrer régulièrement un traitement vermifuge aux animaux domestiques (chiens, chats) est important; 
  • Pour les chasseurs, porter des gants jetables (lors de la manipulation d’un renard) est une mesure de prévention efficace pour prévenir la contamination humaine (maladie des « mains sales »)

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