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Le premier ministre cite les chasseurs comme acteurs de l’écologie.

Notre nouveau premier ministre, Jean Castex nous livre, dans une tribune pour Ouest-France, sa vision de l’écologie, ses priorités et sa méthode. Il est intéressant d’analyser ses propos car ils vont parfois à l’encontre de ce que certains appellent « écologie ». Rappelons que l’écologie est une science et qu’elle n’a rien à voir avec l’écologie politique telle qu’elle est défendue par EELV et leurs alliés. Il suffit de constater pour s’en rendre compte que la première décision du maire vert-rouge de Lyon, Grégory Doucet, fut d’adopter l’écriture dite inclusive au sein de la mairie. Quelqu’un pourrait-il me dire quel bien cette écriture fait à la planète ? En quoi elle fait baisser les émissions de CO2 de la France (déjà très basses grâce au nucléaire) ?

Penchons-nous plutôt (c’est plus intéressant) sur la tribune du premier ministre et analysons-en quelques passages.

« À l’heure où l’humanité traverse l’une des pires crises depuis des décennies, à l’heure où les entreprises luttent pour sauvegarder leurs emplois, à l’heure, enfin, où les Françaises et les Français craignent pour leur avenir, l’écologie est-elle une priorité ? La réponse est clairement oui. » Lier écologie et sauvegarde de l’activité économique est impératif pour que notre pays ne rentre pas dans les oubliettes de l’histoire et continue à être une puissance. Evidemment, les tenants de la décroissance (nombreux chez EELV) ne seront pas d’accord, eux qui voudraient revenir à une agriculture digne du moyen-âge et à une industrie qui nous ramènerait au niveau de certains pays du tiers-monde. Bien entendu la place ainsi libérée sera occupée par d’autres ; on peut d’ailleurs se demander si les promoteurs de cette vision décroissante ne sont pas instrumentalisés par des lobbys et des Etats qui y voient leur intérêt.

Mais « la netteté de cette réponse a sans doute été retardée par les tenants d’une écologie punitive et décroissante, d’une écologie moralisatrice voire sectaire. »  Et oui, les pires ennemis de la véritable écologie sont les partis et mouvements écologistes. On pourrait d’ailleurs dire que l’écologie est trop sérieuse pour être laissée aux écologistes.

« Mais je voudrais leur dire qu’ils n’y arriveront pas sans la politique, sans les politiques. Pas ceux qui sont dans l’incantation mais ceux qui sont au contact du terrain. » Les diatribes de Greta Thurnberg et les activistes extrémistes ne font pas avancer la cause de la planète, bien au contraire. Laissons-les à leurs happening stériles qui n’ont qu’un mérite, les couvrir de ridicule.

« bâtir un véritable plan de transition écologique autour d’éléments aussi concrets que la rénovation thermique, les circuits courts, les pistes cyclables, les économies d’énergie, l’artificialisation des terres, les énergies renouvelables… »  Très bien monsieur le premier ministre, il faut du concret et le mettre en oeuvre. Par contre j’espère que ce que, vous appelez « énergies renouvelables », ce ne sont pas les éoliennes qui, vous le savez, ne sont ABSOLUMENT PAS ECOLOGIQUES. Nous espérons que vous ne continuerez pas cette politique désastreuse d’implantation d’éoliennes dans notre pays. L’exemple allemand devrait être suffisamment clair et devrait vous inciter à arrêter de défigurer nos paysages ; en particulier des sites Natura 2000 comme l’estuaire de la Gironde.

« Sur le terrain, on se parle et on s’écoute ! Tout le monde doit travailler ensemble, les associations environnementales, les entrepreneurs, les agriculteurs, les chasseurs, les pêcheurs… »  Reçu monsieur le premier ministre ! Nous chasseurs, sommes depuis longtemps déjà, des acteurs de l’écologie de terrain et sommes à votre entière disposition pour agir en concertation avec vos services et d’autres acteurs. Mais si vous reconnaissez le rôle des chasseurs et pêcheurs dans cette écologie de terrain, pourquoi avoir nommé au ministère de l’écologie une ancienne militante EELV ? Pourquoi la laisser se lancer dans une offensive contre certaines chasses traditionnelles ? Quant aux associations environnementales, si certaines sont pragmatiques, bien d’autres sont uniquement dogmatiques. Leurs actions sont incohérentes, leurs propos sont outranciers et souvent injurieux et elles inspirent (si elles n’encouragent pas) les actes de groupuscules violents qui s’en prennent physiquement aux chasseurs ou à leurs installations et harcèlent de manière pénalement répréhensible ces mêmes chasseurs sur les réseaux sociaux. Ce chasse-bashing est mené par les mêmes qui font de l’agri-bashing. Nous espérons que la cellule DEMETER sera maintenue, voir renforcée et que le statut de lanceurs d’alerte ne sera pas accordé à ces groupuscules dangereux pour la démocratie et nos libertés.

Quant aux agriculteurs que vous citez, il est temps de leur accorder la considération qu’ils sont en droit d’attendre. Le président a dit au début de la crise du COVID que la souveraineté alimentaire était primordiale. Nous espérons que les actes suivront. Cette souveraineté ne peut être réelle si nos agriculteurs sont soumis à trop d’obstacles. Le cas de l’élevage est particulièrement préoccupant car la réintroduction artificielle des grands prédateurs (loups et ours) par les adeptes du ré-ensauvagement fait peser une menace réelle sur la survie de cette activité. Ce ne sont pas moins de 12000 animaux qui ont été officiellement reconnus comme prédatés l’année dernière et les pertes réelles sont bien plus élevées. Allez-vous prendre la défense de ceux qui nous nourrissent et permettent les « circuits courts » dont vous parlez ou allez-vous laisser mourir élevage et pastoralisme et obliger les français à manger des viandes importées avec un bilan carbone déplorable ?

« Ma mission en tant que Premier ministre de la République française est de contribuer à réconcilier toutes les France, celle urbaine dont les déplacements quotidiens en transports en commun ou à vélo sont souvent facilités par de solides infrastructures, mais aussi celle périurbaine voire rurale, constituée d’automobilistes pour qui la voiture est encore une nécessité et qui ont été trop souvent stigmatisés. » Encore une fois, oui monsieur le premier ministre ! Nous espérons que nous n’entendrons plus jamais des phrases du genre « les français qui fument des clopes et roulent au diésel » !  La France n’est pas faite que de métropoles où l’on peut se lancer (sans grand succès…) dans l’agriculture sur les toits et où l’on peut se déplacer à vélo et en métro. Malheureusement l’écologie est médiatiquement kidnappée par ces activistes urbains qui n’ont qu’une vision parcellaire (et c’est une litote) de la réalité d’un grand pays.

La fin de votre tribune qui commençait bien m’inquiète un peu : « le succès de la Convention citoyenne pour le climat voulue par le président de la République souligne une évidence : c’est par le dialogue qu’émergent des actions concrètes et des idées nouvelles. » Je n’ai vu ni dialogue ni démocratie dans cette convention. Prendre en compte les élucubrations d’un panel de « citoyens » soigneusement sélectionnés en fonction de leurs réponses à des questions biaisées n’est pas un mode de fonctionnement normal dans une démocratie représentative. J’ai mis citoyens entre guillemets car, comme le disait Aristote,  « est citoyen quelqu’un qui est capable gouverner et d’être gouverné » et je ne crois pas que les gens choisis pour s’exprimer lors de cette convention aient ces qualités puisqu’ils ont été bien « guidés » (sic) dans leurs travaux par de nombreux acteurs extérieurs aux intentions bien éloignées des voeux que vous formulez dans votre tribune. Il est important d’affirmer une cohérence en politique. Ne perdez pas le lien avec les territoires et ne sacrifiez pas la ruralité sur l’autel de la bien-pensance parisienne.

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