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La traque affut, une évolution souhaitable ?

L’ouverture générale de la chasse se prépare partout en France ; ne serait-ce pas l’occasion de se poser quelques questions à propos de nos modes de chasse, de leurs résultats et de leur impact ?

Les chasseurs français doivent faire face à de nombreux problèmes aujourd’hui, l’un des plus importants étant la prolifération du nombre de sangliers qui, loin d’être une aubaine, devient un handicap dans certains départements du fait du coût des indemnisations versées au monde agricole. Certaines FDC sont financièrement exsangues et l’argent ainsi dépensé empêche tout autre investissement. Pouvoir consacrer des fonds et du temps pour permettre un retour pérenne du petit gibier serait une formidable opportunité de faire découvrir à certains jeunes chasseurs les plaisirs d’une chasse plus dynamique que la fameuse battue au grand gibier.

On peut aussi se demander si ce mode de chasse en battue produit les résultats escomptés. Certes, il se tue 750 000 sangliers en France mais les dégâts ne cessent d’augmenter. Lors de ces battues les animaux sortent souvent à pleine vitesse et le tir devient un tir réflexe qui conduit à des statistiques peu reluisantes : en moyenne, 7 balles tirées pour un animal au tableau.

Pourquoi ne pas essayer autre chose lorsque le contexte le permet ?

La traque affut 

Le principe. En quoi cela consiste-t-il ? Le principe est le suivant : poster des chasseurs au coeur du carré traqué, en hauteur sur des miradors éloignés d’au moins 200 mètres les uns des autres et à proximité des coulées d’animaux. Le chasseur peut ainsi tirer à 360° (sauf en direction des traqueurs) en tir fichant sur des animaux bien identifiables qui se défilent à petite vitesse et ainsi peut mieux ajuster son tir. Evidemment il ne faut pas tirer à plus de 30 mètres de son poste. Les résultats sont immédiatement visibles puisque, sur les territoires qui pratiquent de mode de chasse, le nombre de balles tirées pour un animal au tableau est de 2 !

Préparer le territoire. Il est indispensable de bien connaître l’endroit pour positionner les miradors à proximité des coulées, cela demande une vraie préparation en amont. Il faut aussi acquérir des miradors et les positionner.

Partager avec d’autres. La traque affut permet de mélanger les chasseurs à tir avec les chasseurs à l’arc, ces derniers se plaignent souvent de n’avoir que peu d’endroits où pratiquer.

Préparer les chasseurs à ce changement. Il est difficile de faire évoluer les mentalités, ce changement doit donc être expliqué en en montrant les avantages et en combattant les idées reçues à son propos. En voici quelques unes.

Il n’y a plus de chiens : il est toujours possible de chasser avec des chiens courants et le chasseur se retrouve au milieu de l’action des courants ce qui est un véritable plaisir.

C’est dangereux. Les postés sont espacés de 250 mètres et ne doivent pas tirer au-delà de 40 mètres de leur poste. Le tir est fichant et ne se fait pas vers l’extérieur.

Ce n’est pas éthique. Quelle est la définition de l’éthique ? Est-ce tirer 7 balles pour tuer un animal et parfois le blesser ou n’en tirer qu’une précise et bien placée ?

C’est cher. Les miradors ont un coût, c’est vrai mais l’utilisation des miradors de battue se généralise et génère les mêmes dépenses. De plus, l’investissement en miradors est vite amorti par l’économie en balles tirées.

C’est ennuyeux. Au contraire, le chasseur fait plus corps avec son environnement et est à l’affut du moindre bruit, du moindre mouvement. Et il y a de fortes chances qu’il voit plus d’animaux comme cela qu’en étant posté sur sa ligne.

Voici l’évolution des résultats au domaine de Bois-Landry dans l’Eure-et-Loir. Ils sont parlants…

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