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Corneilles et corbeaux font d'énormes dégâts sur les parcelles agricoles cette année.

Des corbeaux ravageurs

Nous avions abordé le sujet lors d’un précédent article, expliquant qu’en plus du sanglier, la petite faune pouvait être responsable de dégâts considérables.

C’est les cas du corbeau freux et de la corneille noire, ces deux oiseaux peuvent faire d’énormes dégâts sur des parcelles agricoles. D’année en année, ceux-ci sont croissants, venant s’ajouter à la longue liste de ceux causés pas les sangliers.

Récemment, on découvrait l’agacement d’une agricultrice alsacienne qui a dû resemer deux fois une parcelle de 40 hectares de maïs. Je vous laisse imaginer l’agacement de celle-ci face à la situation.

Dans l’Ain, depuis plus d’un an, le corbeau n’est plus classé « espèce susceptible d’occasionner des dégâts ». De ce fait, l’espèce ne peut plus être chassée, régulée hors période de chasse. Emmanuelle GRANGE, agricultrice à Saint-Just, déclare dans le Progrès  » Il faut reclasser le corbeau nuisible, car pour moi comme pour beaucoup d’agriculteurs, c’est une perte sèche tous ces grains mangés. Sur cette parcelle de 3 hectares, près d’un hectare est perdu. Nous n’avons aucun recours sauf si ce n’est de déclarer nos pertes à la fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA). Je ne souhaite pas utiliser de produit répulsif et, étant proche du village et de la maison d’accueil spécialisée, je ne peux pas non plus utiliser de canon effaroucheur à cause du bruit occasionné ».

Impuissant face au phénomène causé par ces corvidés, l’agriculteur ne peut que constater les dégâts, en plus de la sécheresse.

Agir face au fléau

Monsieur BRENON, qui a remplacé Michel JOUX, président de la FDSEA de l’Ain, alertait déjà il y a trois ans contre ces corvidés lors de l’assemblée générale ordinaire de la fédération départementales des chasseurs de l’Ain le 21 avril 2017. « Je voudrais mettre un accent particulier aussi sur le corbeau parce que là, franchement, il va falloir qu’on trouve vraiment des solutions. Aujourd’hui, j’étais encore en train de semer et les corbeaux sont presque sur le semoir. C’est quand même impressionnant. Il n’y a plus rien qui les repousse, qui les rebute. Il faut qu’on trouve des solutions pour organiser des choses, des prélèvements, je ne sais pas quoi. Je suis prêt à fournir des tronçonneuses pour abattre les arbres sur lesquels il y a les nids, si on n’a pas d’autre solution. Je l’ai proposé au préfet. Ça ne lui plaît pas trop, mais bon, il va falloir qu’on trouve des solutions pour répondre à ce vrai problème qui est un fléau pour nous et pour vous. » S‘était-il exprimé.

Dans de nombreux départements, des actions d’effarouchement sont mises en place. Le canon, régulièrement utilisé, apporte plus de plainte des voisins souhaitant le silence et le calme que l’effarouchement des corvidés. Les épouvantails ne font plus d’effet, l’animal comprend rapidement que ce n’est pas dangereux pour lui et que rien ne pourra lui arriver. C’est pourquoi, seule la régulation par tir porte ses fruits et doit être valorisée. Mais pour cela, lors des consultations publiques il est important d’agir et de répondre afin que les oiseaux apparaissent dans les arrêtés préfectoraux ESOD. Il est aussi important de savoir que le classement est triennal. Quand un animal n’est plus dans la liste ESOD, il faut attendre 3 ans pour l’y réintroduire et pour cela il faut que les dégâts soient déclarés même s’ils ne sont pas remboursés.

Ces recrudescences de dégâts agricoles causés par ces oiseaux viennent se juxtaposer aux dégâts du sanglier. Les actions sont à mener et les solutions à trouver.

Réglementation ESOD

Avant tout, il est important de rappeler que, la loi de reconquête de la biodiversité du 9 août 2016 (cf article 157) a abouti sur la modification des termes utilisés pour citer les « nuisibles ». Ils sont maintenant dans la loi des « animaux d’espèces non domestiques par moment susceptibles d’occasionner des dégâts ».

La procédure de classement des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) a été modifiée par le Décret n°2012-402 du 23 mars 2012 ; en effet, ce décret prévoit les modalités concernant le classement des espèces nuisibles ou susceptibles d’être classées en trois catégories ainsi que les motifs justifiant cette répartition.

C’est au sein au sein de la Commission départementale de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS), une formation spécialisée chargée de donner un avis sur le classement des ESOD et les territoires qui les concernent qu’est institué le classement. Elle se réunit sous la présidence du Préfet. Celle-ci se compose d’un représentant d’associations agréées de protection de l’environnement et deux personnalités qualifiées en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage, d’un représentant des piégeurs, d’un représentant des chasseurs, d’un représentant des intérêts agricoles. Un représentant de l’office français de la biodiversité (OFB) et un représentant de l’association des lieutenants de louveterie assistent eux aussi aux réunions avec voix consultative.

La méthode de classement :

– La première catégorie comprend les espèces envahissantes, qui sont classées ESOD par arrêté ministériel annuel, sur l’ensemble du territoire métropolitain pour une période courant du 1er juillet au 30 juin.

– La deuxième catégorie concerne des espèces qui sont classées ESOD par arrêté ministériel triennal, sur proposition du Préfet, après avis de la CDCFS. Cette liste complémentaire mentionnant les périodes et les territoires concernés ainsi que les modalités de destruction est arrêtée pour une période de trois ans, courant du 1er juillet de la première année au 30 juin de la troisième année.

– La troisième catégorie est relative aux espèces qui, figurant sur une liste ministérielle, peuvent être classées ESOD par arrêté préfectoral annuel.

Les arrêtés ministériels fixant ces listes d’espèces précisent les conditions de destruction qui peuvent être mises en œuvre. 

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