Billet d’humeur de Joël Dorleac-Guisset

Il y a certains chasseurs qui a travers des mots mettent à plat nos idées, nos envies et nos lamentations. Joël Dorleac-Guisset a su à travers son billet d’humeur toucher les cordes sensibles ou bon nombre de chasseurs se retrouveront.

 L’Air du Temps…

Même si elle est inscrite dans les gènes de l’homme depuis le début de l’humanité, la Chasse n’est plus dans l’air du temps.
Oh, bien sûr, on se rassure par le nombre, sans trop se remettre en question, et sans toujours s’interroger sur la motivation d’opposants exacerbés qui poursuivent comme un Graal l’éradication pure et simple de notre passion.

Quel abominable crime avons-nous commis pour être l’objet de leur vindicte ?

Avons-nous exterminé plus d’animaux que les abattoirs qui chaque jour garnissent les rayons de nos supermarchés ?

Avons-nous manqué à nos obligations de gestion en menant à grands frais les études qui servent tant nos opposants ?

Nous sommes-nous défilés lorsque, à nous seuls, la facture des dégâts aux cultures est présentée ?

Sommes-nous trop amoureux de nos chiens au point d’en trop bien préserver les races ?

Ou, avons-nous failli à l’entretien des sentes et chemins dont tous profitent ?

Je crois sincèrement que la question n’est pas là, le monde a changé: la ruralité a cédé la place aux métropoles avec leurs cohortes de bobos qui se sont forgé de Dame Nature une image idyllique dans laquelle nous n’avons plus de place.

Et pour la revendiquer, cette place qui nous est due, nous manquons de fierté et de hargne, comme nous manquons de courage pour affirmer haut et fort: nous sommes Chasseurs et nous n’en avons pas honte !
Je suis maintenant à un âge qui m’interdit de croire que l’on peut compter plus de véritables amis que de doigts aux deux mains; les miens sont chasseurs pour la plupart et je m’en réjouis.

S’il n’y a pire punition que d’être obligé de chasser en mauvaise compagnie, partager une journée et un quignon de pain avec un ami, un vrai, que ce soit dans l’insouciance d’une billebaude automnale ou dans les heurts d’une course en montagne, ce n’est que du bonheur !…et si à cela s’ajoute la présence d’un bon chien, le plaisir est décuplé.

Ah, mon chien, comment pourrais-je m’en passer ?

J’ai tellement souffert de la perte de mes chiennes que j’ai attendu quelques années de trop avant de céder. Ce ne fut que temps perdu et années blanches, avec des saisons bien remplies peut-être, mais sans la complicité et la tiédeur d’un museau sur la main.
Je ne peux aujourd’hui imaginer me passer du plaisir complice que nous avons à courir ensemble nos beaux territoires. Jamais de cris, pas même de sifflet, mais une pleine confiance récompensée lors de nos arrêts de la caresse d’un coup de langue amical ou d’un frottement de satisfaction aux mollets…et ce regard, malin, avec dans le lac noir des yeux tout l’amour du monde.

Bien sûr, il y a un peu d’exclusivité, mais passés les premiers instants de connaissance, pour peu que mon compagnon de chasse y mette du sien, il est adopté jusqu’à mettre autant d’application à lui assurer la réussite que pour son maître.
Comment et où vivre de pareils moments, sinon à la Chasse?
Il y a aussi ces mauvais jours où tout s’enchaîne de travers, du mauvais temps au vilain manqué, du mauvais œil à l’animal blessé que l’on poursuit tout le jour durant en souffrant de l’agonie qu’on lui a infligé.

Doit-on pour cela regretter de se livrer à notre passion ?

Non, pas de regrets, quelquefois des remords peut-être, mais ainsi va l’ordre des choses, car la Nature ne fait pas non plus de cadeau et à tout prendre mieux vaut périr d’un trait de plomb que sous les crocs de la sauvagine ou dans les serres du rapace, mieux vaut la promptitude de la balle que la lente maladie.

Plutôt que de chercher à inutilement convaincre nos opposants, il faut d’abord rassembler nos différences. Faisons en sorte qu’unis par une même passion chacun mette de côté ce qui l’oppose au tenant d’une autre pratique. Qu’enfin les équipes de sanglier tolèrent les bécassiers, que les montagnards férus de mouflons et d’isards ouvrent leurs territoires aux chasseurs de perdreaux gris, que les lapiniers ne s’émeuvent plus des chiens d’arrêt qui bloquent la compagnie de rouges devant leur meute ou qu’encore cessent les disputes de postes en bord d’étang ou au passage des palombes.

Que chacun soit conscient que son attitude est épiée et qu’il faut abandonner tout comportement susceptible d’heurter la sensibilité de ceux qui ne pratiquent pas notre Art sans y être pourtant opposés. Finis les rodomontades tartarinesques, les gibiers décorant les capots des 4×4 ou les attitudes guerrières de ceux qui croient qu’un fusil et une tenue camouflée les assurent du courage dont ils manquent.

Le temps est venu de s’occuper de notre image, de redorer un blason tâché de rouge ! 

Journaliste Julien Barraquand

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